DPE 2027 : les grandes villes où le plus de logements changent de classe
Environ 300 000 logements quitteront les classes F et G au 1er janvier 2027, sans le moindre travaux, par le seul effet d'un coefficient de calcul revu à la baisse. Nous avons montré où cela se joue département par département. Reste la question que se pose vraiment un propriétaire : et dans ma ville ? Nous avons donc descendu le croisement au niveau communal sur les dix-huit plus grandes villes de France, et l'écart y est encore plus net qu'entre départements. À Montpellier, deux tiers des logements classés F ou G peuvent remonter. À Reims, un quart.
Le classement des dix-huit plus grandes villes
Rappel du mécanisme en une phrase : le coefficient qui convertit l'électricité en énergie primaire passe de 1,9 à 1,7, ce qui fait baisser d'environ 10,5 % la consommation affichée des seuls logements chauffés à l'électricité. Plus une ville compte de logements électriques parmi ses passoires, plus la réforme y déplace de monde.
La colonne qui compte est donc la part électrique. Le nombre de logements, lui, dit combien de propriétaires sont concernés, ce qui n'est pas la même chose : Paris a une part moyenne mais un volume sans équivalent.
| Montpellier | 65,9 % | 1 448 | 2 198 |
| Bordeaux | 65,4 % | 4 471 | 6 837 |
| Marseille | 64,2 % | 5 201 | 8 100 |
| Nîmes | 59,3 % | 829 | 1 397 |
| Lyon | 58,9 % | 8 655 | 14 688 |
| Grenoble | 55,8 % | 2 430 | 4 353 |
| Paris | 55,5 % | 84 389 | 152 001 |
| Toulon | 54,5 % | 1 006 | 1 847 |
| Nantes | 53,3 % | 3 810 | 7 146 |
| Le Havre | 48,9 % | 3 067 | 6 270 |
| Angers | 48,1 % | 1 828 | 3 804 |
| Rennes | 47,6 % | 2 049 | 4 304 |
| Lille | 46,7 % | 3 684 | 7 895 |
| Toulouse | 45,0 % | 3 680 | 8 173 |
| Dijon | 35,7 % | 2 016 | 5 640 |
| Nice | 35,5 % | 1 926 | 5 429 |
| Strasbourg | 26,6 % | 1 757 | 6 615 |
| Reims | 24,5 % | 2 101 | 8 589 |
Paris à part : 84 389 logements, 15 % du total national
Avec 152 001 logements classés F ou G, dont 84 389 chauffés à l'électricité, Paris pèse à elle seule 15 % de tous les logements français concernés par la réforme, sur les 564 847 que compte le pays. C'est la conséquence d'un parc ancien, très dense, et massivement passé au chauffage électrique lors des rénovations des cinquante dernières années, notamment dans les petites surfaces où installer une chaudière n'avait pas de sens.
Concrètement, un studio parisien classé G qui remonte en F redevient louable en 2027, alors qu'il ne l'était plus depuis janvier 2025. À l'échelle du parc locatif parisien, cela représente un volume de logements que la Ville avait cessé de compter comme disponibles.
Chaque arrondissement a sa propre page chez nous, avec ses prix de vente réels et la répartition de ses étiquettes énergétiques : Paris 11e, Paris 18e et les dix-huit autres.
Pourquoi Montpellier et Bordeaux devant, Reims et Strasbourg derrière
L'explication n'a rien à voir avec la qualité du bâti, et tout à voir avec le climat au moment où le chauffage a été installé. Dans les villes du Sud et de l'Ouest, où le chauffage sert quelques semaines par an, on a posé des convecteurs électriques : moins chers à installer, sans conduit ni chaufferie, suffisants pour des hivers courts.
Dans le quart nord-est, où le chauffage tourne cinq mois, le gaz et le fioul se sont imposés parce que le coût d'usage l'emportait sur le coût d'installation. Reims à 24,5 % et Strasbourg à 26,6 % sont les héritières de ce choix, et la réforme de 2027 leur passera largement à côté.
C'est aussi ce qui explique la place de Bordeaux, à 65,4 %, tout en haut du classement des grandes villes. Sur ses 6 837 logements classés F ou G, 4 471 peuvent remonter d'une classe. À rapprocher des prix pratiqués et de la structure du parc, que nous détaillons sur la page prix immobilier à Bordeaux.
Le détail des villes du Sud et de l'Ouest
Ces villes cumulent une part électrique élevée et un parc ancien conséquent. Ce sont celles où un propriétaire a le plus de chances de voir son étiquette bouger.
Là où la réforme passera presque inaperçue
Attention à ne pas mal lire ce bas de tableau. Une part électrique faible ne signifie pas un parc en meilleur état, au contraire : Reims compte 8 589 logements classés F ou G, plus que Bordeaux, mais seul un quart d'entre eux profitera du nouveau calcul. Les autres devront passer par des travaux.
Ce que cela change si vous êtes propriétaire dans l'une de ces villes
La première chose à faire tient en dix secondes : ouvrez votre diagnostic et regardez la ligne du chauffage, pas la lettre. Si elle indique autre chose que l'électricité, rien ne changera pour vous en 2027.
Si elle indique l'électricité et que votre logement est classé F ou G, il y a une chance sérieuse qu'il remonte d'une classe. Le gain porte sur environ 10,5 % de consommation affichée, ce qui suffit à franchir une frontière quand on en est proche, pas à traverser deux classes d'un coup.
Pour un bailleur, l'enjeu est direct. Un logement classé G ne peut plus être loué depuis janvier 2025, et un logement classé F ne le pourra plus à partir de janvier 2028. Passer de G à F rouvre donc la location, mais pour un an seulement. Passer de F à E la rouvre jusqu'en 2034.
Pour un vendeur, la lettre pèse sur la négociation, et c'est mesurable. Nous avons calculé ce qu'une classe gagnée ou perdue représente en euros sur les ventes réelles de chaque secteur, sujet de notre article sur la valeur verte.
Questions fréquentes
Pourquoi Paris compte-t-elle autant de logements concernés ?
Une part électrique faible veut-elle dire que la ville a un meilleur parc ?
Les chiffres de Paris, Lyon et Marseille sont-ils comparables aux autres ?
Pourquoi Strasbourg apparaît dans le tableau sans avoir de page ?
Ma ville n'est pas dans la liste, où trouver l'information ?
En conclusion
La réforme du diagnostic énergétique prévue pour 2027 ne redistribue pas les cartes de la même façon partout. Elle avantage nettement les villes du Sud et de l'Ouest, où le convecteur électrique s'est imposé, et laisse de côté le quart nord-est chauffé au gaz et au fioul. Dans les deux cas, la lettre qui changera sur le papier ne changera rien au confort ni à la facture : c'est un délai qui est offert, pas une rénovation. Le bon usage de ce délai est probablement de préparer les travaux que l'échéance suivante rendra de toute façon nécessaires.
L'actualité immobilière par les vraies ventes
Tendances de prix, baromètres et analyses calculées sur les ventes notariales officielles. 1 à 2 emails par mois, désinscription en un clic.
Voir les diagnostics de ma ville
La répartition des étiquettes énergétiques de votre commune, avec les prix de vente réels et la taxe foncière votée.
Accéder à l'outil →Ce qu'une classe vaut en euros
L'effet d'une classe énergétique gagnée ou perdue sur le prix de vente, calculé sur les ventes réelles de votre secteur.
Essayer 14 jours gratuits →