Frais de notaire 2026 : 83 départements ont augmenté les droits
En 2026, 83 départements appliquent le droit de mutation majoré à 5 %, portant les droits totaux à environ 6,32 % du prix d’achat dans l’ancien, contre 5,81 % auparavant. Une hausse d’environ un demi-point qui se chiffre vite en milliers d’euros : sauf pour les primo-accédants, expressément exemptés pour leur résidence principale. Voici qui paie, combien, jusqu’à quand, et comment s’adapter.
Ce qui a changé : le droit départemental porté à 5 %
La loi de finances pour 2025 a ouvert aux départements une faculté inédite : relever leur part des droits de mutation à titre onéreux (DMTO), les fameux « frais de notaire », jusqu’à un plafond de 5 %, sur une fenêtre temporaire courant d’avril 2025 à mars 2028. Objectif affiché : redonner des recettes à des collectivités fragilisées par la chute des transactions immobilières depuis 2022.
Le résultat est massif : en 2026, 83 départements ont voté cette majoration, selon l’actualité publiée par service-public.gouv.fr. Concrètement, pour un achat dans l’ancien, le total des droits et taxes dus à l’acquisition passe d’environ 5,81 % à environ 6,32 % du prix de vente dans les départements concernés : soit un écart d’environ 0,5 point (0,51 exactement).
La hausse s’applique à l’immense majorité du territoire : seule une poignée de départements a renoncé à activer le levier. Avant tout achat, un réflexe s’impose donc : vérifier la délibération de votre département : le taux applicable dépend du lieu du bien, pas du domicile de l’acheteur.
Pourquoi une telle unanimité ? Parce que les recettes de DMTO suivent mécaniquement les volumes de ventes, et ceux-ci se sont effondrés entre le pic d’août 2021 (1 251 000 transactions sur douze mois, selon les Notaires de France) et le creux de septembre 2024 (832 000). Même après le rebond, le marché plafonne à 941 000 ventes à fin avril 2026 (Notaires de France, 25 juin 2026), soit toujours près de 25 % sous le pic. Pour les budgets départementaux, relever le taux est le moyen le plus rapide de compenser des assiettes durablement réduites.
Primo-accédants : l’exemption à connaître absolument
C’est la contrepartie votée avec la hausse : les primo-accédants qui achètent leur résidence principale sont exemptés de la majoration. Pour eux, la hausse départementale ne s’applique pas : un avantage acquis dans le cadre de la loi de finances 2025, rappelé par service-public.gouv.fr.
L’enjeu est loin d’être marginal : les primo-accédants représentent 18,2 % des acquéreurs de maisons (+9,6 % en un an) et 21,1 % des acquéreurs d’appartements, selon Century 21 (30 juin 2026). C’est précisément la population que le législateur veut préserver, au moment où les secundo-accédants sont décrits comme « empêchés » par l’AFP (2 juillet 2026).
Ce coup de pouce s’ajoute à un autre : le prêt à taux zéro (PTZ), garanti jusqu’à fin 2027 par la loi de finances 2026 promulguée en février. Sur un premier achat, la combinaison exemption de la majoration + PTZ peut sensiblement alléger le coût global de l’opération.
Simulations : ce que la hausse coûte en euros
Un demi-point de pourcentage semble indolore. Rapporté aux prix réels de l’immobilier, il ne l’est pas. Le tableau ci-dessous compare les droits d’enregistrement dus (hors émoluments du notaire et débours) au taux global d’environ 5,81 % et au taux majoré d’environ 6,32 %, sur des prix d’achat représentatifs du marché.
Pour ancrer ces ordres de grandeur dans la réalité des marchés locaux : à Paris, où le mètre carré s’établit à 9 530 € en avril 2026 selon les Notaires du Grand Paris (25 juin 2026), un appartement de 50 m², par exemple dans le 15e arrondissement, représente environ 476 500 €, soit un surcoût d’environ 2 430 € au taux majoré. À Limoges, où Orpi mesure des prix stables à 1 650 €/m² au premier semestre 2026, une maison de 100 m² autour de 165 000 € subit un surcoût d’environ 840 €.
Même logique en zone touristique : à Bourg-Saint-Maurice (5 624 €/m² selon les données montagne de juillet 2026), un appartement de 40 m² avoisine 224 960 €, soit environ 1 150 € de droits supplémentaires. À Sallanches (3 725 €/m²), un 70 m² d’environ 260 750 € en coûte environ 1 330 € de plus. Au prix moyen national des appartements mesuré par la FNAIM (3 838 €/m² au 1er juin 2026), un 60 m² d’environ 230 000 € supporte un surcoût d’environ 1 175 €.
Retenez l’ordre de grandeur : environ 1 000 € de droits supplémentaires par tranche de 200 000 € de prix d’achat. Pour connaître les prix réellement pratiqués dans votre secteur, et donc la base sur laquelle ces droits seront calculés —, consultez les ventes actées DVF de votre commune sur le comparateur Terralyse.
| 200 000 € | 11 620 € | 12 640 € | +1 020 € |
| 300 000 € | 17 430 € | 18 960 € | +1 530 € |
| 400 000 € | 23 240 € | 25 280 € | +2 040 € |
| 500 000 € | 29 050 € | 31 600 € | +2 550 € |
Un surcoût qui pèse sur un marché déjà convalescent
Cette hausse intervient dans un marché fragile : 941 000 transactions sur douze mois à fin avril 2026 selon les Notaires de France (25 juin 2026), une courbe qui rebaisse depuis mars, et des prévisions FNAIM (17 juin 2026) entre 900 000 et 920 000 ventes pour la fin de l’année. Chaque millier d’euros de frais supplémentaires ampute d’autant un budget d’acquisition déjà contraint par des taux de crédit remontés à 3,25 % en mai 2026 (FNAIM).
Les niveaux de prix rendent le sujet très concret pour les budgets moyens : la FNAIM mesure au 1er juin 2026 un prix national de 2 994 €/m² (-0,1 % sur un an), avec des appartements à 3 838 €/m² et des maisons à 2 357 €/m² ; SeLoger-MeilleursAgents relève 3 114 €/m² au 4 juillet 2026. Sur ces bases, un appartement de 70 m² au prix moyen national des appartements représente environ 269 000 €, et une maison de 120 m² au prix moyen des maisons environ 283 000 € : des budgets pour lesquels la majoration pèse respectivement environ 1 370 € et 1 440 € (0,51 % du prix).
Conséquence logique : le surcoût s’invite dans la négociation. Selon le réseau L’Adresse (30 juin 2026), 8 transactions sur 10 se concluent déjà après négociation, contre 6 sur 10 dans un marché classique, et 65 % des agences constatent des prix en recul. Un acquéreur qui doit absorber 1 500 € de droits supplémentaires les répercutera volontiers dans son offre de prix.
Les vendeurs ont donc intérêt à raisonner en coût total acquéreur : prix affiché + droits + émoluments. C’est ce montant global que l’acheteur compare à sa capacité d’emprunt, et c’est lui qui décide de la faisabilité de la vente, pas le seul prix net vendeur.
Relativiser : d’autres postes pèsent bien plus que 0,5 point
Le surcoût fiscal est réel, mais il ne doit pas masquer les vrais ordres de grandeur d’une acquisition. Premier poste : la négociation. La marge moyenne s’établit autour de 5,1 % au premier trimestre 2026 selon Laforêt : soit dix fois l’écart de DMTO. Sur un bien affiché 300 000 €, une négociation dans la moyenne représente environ 15 000 €, quand la majoration des droits en coûte environ 1 530 €. Bien négocier son prix d’achat reste donc le levier numéro un, loin devant l’optimisation des frais.
Deuxième poste, souvent sous-estimé : la performance énergétique. Les décotes constatées par les notaires sur les ventes 2024 sont sans commune mesure avec un demi-point de droits : -25 % pour une maison classée G par rapport à une équivalente classée D, et -12 % pour un appartement. L’écart dépasse 20 % dans la majorité des départements et 25 % en zone rurale, alors qu’il reste inférieur à 10 % en Île-de-France, dans les Bouches-du-Rhône et en Corse-du-Sud. À Paris, l’écart entre un bien classé F-G et un bien classé A-B atteint -13 %. Il tombe à -7 % dans des marchés tendus comme La Rochelle, Arcachon ou Biarritz. Notre analyse de la réforme du DPE 2026 cartographie ces décotes marché par marché.
À noter pour 2026 : depuis le 1er janvier, le nouveau coefficient de conversion de l’électricité (passé de 2,3 à 1,9) fait sortir environ 850 000 logements chauffés à l’électricité des classes F et G sans travaux. De quoi rebattre les cartes sur certaines décotes, et rappeler qu’à l’achat, l’analyse du bien pèse toujours plus lourd que la fiscalité de la transaction.
Jusqu’à quand ? La fenêtre avril 2025 - mars 2028
Le dispositif est officiellement temporaire : la faculté de majoration ouverte par la loi de finances 2025 court d’avril 2025 à mars 2028. À cette échéance, les taux ont vocation à revenir à leur niveau antérieur : sauf si le législateur prolonge ou pérennise le mécanisme, ce que rien ne garantit dans un sens comme dans l’autre.
D’ici là, la carte des taux peut encore bouger : les départements délibèrent, et ceux qui n’ont pas activé la majoration en 2026 peuvent encore le faire pendant la fenêtre. À l’inverse, attendre mars 2028 pour acheter en espérant économiser un demi-point est un pari risqué : les prix sont aujourd’hui quasi stables (+0,1 % sur un an au premier trimestre 2026 selon l’indice Notaires-INSEE du 28 mai 2026), mais les taux de crédit, eux, remontent : 3,25 % en mai selon la FNAIM, avec un scénario vers 4 % que SeLoger n’exclut pas. Quelques mois d’attente peuvent coûter en intérêts bien plus que le demi-point de droits espéré. Cet arbitrage entre signer maintenant et attendre est chiffré dans notre analyse « Est-ce le moment d’acheter un bien immobilier en 2026 ? ».
Trois réflexes pour s’adapter : vérifier le taux applicable dans le département du bien avant de construire son plan de financement ; faire valoir le statut de primo-accédant quand il s’applique ; et intégrer les droits dans le montant négocié : dans un marché où 8 ventes sur 10 se négocient, le surcoût fiscal est un argument de discussion parfaitement recevable.
Questions fréquentes
Quels sont les frais de notaire en 2026 dans l’ancien ?
Qui est exonéré de la hausse des frais de notaire en 2026 ?
La hausse des droits de mutation est-elle définitive ?
Quels départements appliquent le DMTO à 5 % en 2026 ?
Combien de frais de notaire pour un achat de 300 000 € en 2026 ?
En conclusion
La hausse des DMTO est l’illustration parfaite d’une fiscalité discrète mais bien réelle : un demi-point de plus, invisible dans les discours, mais 1 020 € à 2 550 € de plus sur les achats courants. Avant de signer, trois vérifications s’imposent : le taux voté dans le département du bien, votre éligibilité à l’exemption primo-accédant, et surtout le juste prix du bien lui-même, car les droits se calculent sur le prix d’achat, et chaque euro négocié en fait économiser un peu plus. Pour objectiver cette négociation, les ventes réellement actées de votre commune, issues de la base DVF officielle, restent votre meilleur allié.
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