Réglementation12 min de lecturePublié le

Loi ALUR : ce qu'elle change encore pour vous en 2026

La loi ALUR a plus de douze ans, et vous la croisez encore à chaque bail, à chaque vente d'appartement, à chaque renouvellement de carte professionnelle. Promulguée le 24 mars 2014, elle compte 177 articles, retouchés presque chaque année depuis. Une mesure a disparu : la garantie universelle des loyers, qui devait couvrir les bailleurs contre les impayés. Une autre attend un vote du Parlement avant la fin novembre 2026 : l'encadrement des loyers. Voici ce que cette loi change encore pour vous, selon votre situation, avec chaque règle relue dans son texte en octobre 2026.

En bref : ce qu'il reste de la loi de 2014

La loi ALUR a surtout modifié d'autres textes : la loi du 6 juillet 1989 pour la location, la loi du 10 juillet 1965 pour la copropriété, la loi Hoguet du 2 janvier 1970 pour les professionnels, le code de l'urbanisme pour les terrains.

Garantie universelle des loyersAbrogée par la loi ELAN du 23 novembre 2018
Encadrement du niveau des loyersExpérimentation à la demande des collectivités depuis 2018, jusqu'en novembre 2026
Honoraires de location plafonnésEn vigueur, plafonds relevés de 0,87 % au 1er janvier 2026
Documents remis à l'acheteur d'un lot de copropriétéEn vigueur, liste allégée en 2015 puis complétée par le plan pluriannuel de travaux
Formation continue des agents immobiliersEn vigueur : 14 heures par an ou 42 heures sur trois ans
Fin du coefficient d'occupation des solsSuppression maintenue

Vous louez un logement

Ces règles valent pour la résidence principale du locataire, vide ou meublée. Elles figurent dans la loi du 6 juillet 1989.

Avant de louer : le bail, le dossier et le permis de louer

Le bail suit un modèle officiel, le contrat type (article 3) : voyez notre article sur le bail de location au 1er octobre 2026. Le propriétaire ne peut demander au candidat que les pièces d'une liste fixée par décret : identité, domicile, activité professionnelle, ressources. Exiger autre chose l'expose à une amende de 3 000 € au plus, 15 000 € pour une société (article 22-2). Le locataire peut demander à compléter l'état des lieux d'entrée dans les dix jours (article 3-2).

Dans certains secteurs d'habitat dégradé, la commune ou l'intercommunalité impose en plus un « permis de louer » : une déclaration dans les quinze jours qui suivent le bail, ou une autorisation avant de louer. Louer sans avoir demandé cette autorisation expose à une amende de 5 000 € au plus, 15 000 € en cas de nouveau manquement dans les trois ans ou de location malgré un refus (articles L. 634-1, L. 635-1 et L. 635-7 du code de la construction et de l'habitation).

Les honoraires de location, plafonnés au mètre carré

Les honoraires de mise en location sont à la charge du bailleur (article 5). Quatre prestations seulement se partagent avec le locataire : la visite, le dossier, la rédaction du bail et l'état des lieux. Le locataire ne paie jamais plus que le bailleur, et sa part est plafonnée par mètre carré de surface habitable, toutes taxes comprises.

Fixés en 2014, ces plafonds ont été relevés de 0,87 % au 1er janvier 2026. La zone très tendue est la zone A bis, qui comprend Paris. Une zone tendue est une commune où la demande de logements dépasse nettement l'offre, sur une liste fixée par décret. Exemple : pour 40 m² à Paris, le locataire paie au plus 484 € pour la visite, le dossier et le bail, plus 121,20 € pour l'état des lieux.

Visite, dossier et rédaction du bail12,10 € par m²10,09 € par m²8,07 € par m²
État des lieux d'entrée3,03 € par m²3,03 € par m²3,03 € par m²

Le dépôt de garantie, le préavis et le congé

Le dépôt de garantie ne dépasse pas un mois de loyer hors charges en location vide, deux mois en meublé (articles 22 et 25-6). Il est rendu dans le mois qui suit la remise des clés, dans les deux mois si l'état des lieux de sortie n'est pas conforme à celui d'entrée. Chaque mois de retard commencé coûte au bailleur 10 % du loyer mensuel.

Le locataire d'un logement vide donne congé avec trois mois de préavis, un mois en zone tendue et dans quelques cas personnels, comme une mutation, une perte d'emploi ou une raison de santé attestée (article 15). En meublé, un mois suffit partout.

Le bailleur, lui, ne peut donner congé que pour la fin du bail, six mois avant en location vide, trois mois avant en meublé, et seulement pour reprendre le logement, le vendre ou pour un motif légitime et sérieux. Un congé pour reprise ou pour vente donné frauduleusement l'expose à une amende pénale de 6 000 € au plus, 30 000 € pour une société (articles 15 et 25-8).

L'encadrement des loyers : une échéance en novembre 2026

Depuis la loi ELAN de 2018, l'encadrement du niveau des loyers est une expérimentation, que les collectivités des zones tendues peuvent demander (article 140 de cette loi). Le loyer d'un nouveau bail ne peut pas dépasser un loyer de référence majoré de 20 %, sauf complément justifié par l'emplacement ou le confort du logement. L'amende peut atteindre 5 000 €, 15 000 € pour une société. Sont concernés Paris, Est Ensemble et Plaine Commune en Seine-Saint-Denis, Lille avec Hellemmes et Lomme, Lyon et Villeurbanne, Montpellier, Bordeaux, une partie de la métropole de Grenoble et vingt-quatre communes du Pays basque.

L'expérimentation dure huit ans à compter de la publication de la loi, le 24 novembre 2018 : elle prend fin en novembre 2026. Une proposition de loi qui la rendrait permanente a été adoptée par l'Assemblée nationale le 11 décembre 2025. Le Sénat l'a remaniée et adoptée le 21 octobre 2026 : elle prolonge l'expérimentation de deux ans, dans les neuf territoires (soixante-dix communes) qui l'appliquent déjà, sans la rendre permanente ni l'ouvrir à de nouvelles communes. Le texte doit maintenant être voté, tel quel, par l'Assemblée nationale avant la fin de l'expérimentation, fixée au 23 novembre 2026 par le Sénat. À la date de cet article, rien n'est définitivement voté : avant de signer un bail dans ces villes, vérifiez la règle en vigueur ce jour-là.

Vous vendez un lot de copropriété

L'acheteur d'un appartement doit connaître l'état de l'immeuble avant de signer la promesse de vente, le compromis du langage courant (articles L. 721-1 à L. 721-3 du code de la construction et de l'habitation).

Les documents à remettre au plus tard à la promesse

La liste est allégée quand l'acheteur est déjà copropriétaire dans l'immeuble ou quand le lot vendu est une cave, un garage ou une place de stationnement (article L. 721-2). Dans les autres cas, elle comprend :

  • →la fiche synthétique de la copropriété, le règlement de copropriété et l'état descriptif de division, qui liste et numérote les lots
  • →les procès-verbaux des assemblées générales des trois dernières années
  • →les informations financières, souvent appelées « pré-état daté » par les professionnels : charges payées par le vendeur sur deux exercices, sommes que l'acheteur pourra devoir, impayés et dettes de l'immeuble, part du fonds de travaux rattachée au lot
  • →le carnet d'entretien et une notice sur les droits et obligations des copropriétaires
  • →le plan pluriannuel de travaux ou son projet, et les conclusions du diagnostic technique global s'il existe

Sans eux, le délai de dix jours ne démarre pas

L'acheteur non professionnel dispose de dix jours pour se rétracter après la notification de la promesse (article L. 271-1). Si les documents sur l'organisation de l'immeuble et les informations financières ne sont pas tous remis à la signature, ce délai ne commence que le lendemain de leur remise (article L. 721-3). Réunissez donc le dossier dès la prise du mandat. L'annonce, elle, indique déjà le nombre de lots et le montant moyen annuel des charges courantes (article L. 721-1).

Ce que la loi a changé dans l'immeuble

  • →Un registre national où chaque copropriété de logements est immatriculée. Son numéro figure dans l'acte de vente (articles L. 711-1 à L. 711-6 du même code).
  • →Un fonds de travaux, obligatoire dix ans après la réception de l'immeuble : au moins 5 % du budget prévisionnel par an, et au moins 2,5 % du montant des travaux du plan pluriannuel adopté. Il n'est pas remboursé au vendeur (article 14-2-1 de la loi de 1965).
  • →Un état daté plafonné : le syndic ne peut pas facturer plus de 380 € toutes taxes comprises ce document établi pour la vente (décret du 21 février 2020).

Vous êtes agent immobilier ou mandataire

L'article 24 de la loi ALUR a ajouté à la loi Hoguet une grande partie de ce qui encadre aujourd'hui la profession. Notre guide de la loi Hoguet détaille la carte, le mandat et les honoraires, celui pour devenir agent immobilier indépendant présente les statuts.

  • →Une carte délivrée par la chambre de commerce et d'industrie (CCI), et non plus par la préfecture, depuis le 1er juillet 2015 (en Corse, par l'établissement public du commerce et de l'industrie de Corse). Elle est valable trois ans (article 3 de la loi Hoguet, décret du 20 juillet 1972).
  • →La formation loi ALUR : 14 heures par an ou 42 heures sur trois ans pour renouveler la carte, dont, sur trois ans, au moins 2 heures sur la non-discrimination dans l'accès au logement et 2 heures de déontologie. Elle vaut aussi pour les directeurs d'agence et les collaborateurs habilités, salariés ou agents commerciaux (article 3-1, décret du 18 février 2016).
  • →Un code de déontologie (décret du 28 août 2015) et une instance nationale, le Conseil national de la transaction et de la gestion immobilières, dont la commission de contrôle instruit les pratiques abusives. La procédure disciplinaire prévue en 2014 a été supprimée par la loi ELAN.
  • →Des honoraires visibles : barème affiché à l'entrée de l'agence, en vitrine et sur le site. Chaque annonce de vente dit qui paie les honoraires et, quand c'est l'acquéreur, donne le prix avec et sans honoraires et leur pourcentage (article 6-1, arrêté du 10 janvier 2017).
  • →Un mandat exclusif qui engage : il précise les actions que vous mènerez et le rythme de vos comptes rendus (article 6).
  • →Le statut des mandataires : la loi ALUR a ajouté l'assurance de responsabilité civile professionnelle et la mention « agent commercial » sur les annonces et les mandats. Ils restent, comme avant, sans droit de détenir des fonds ni de rédiger d'autres actes que les mandats pris pour le titulaire de la carte (articles 4 et 6-2).

Vous avez un terrain

Avant 2014, un plan local d'urbanisme pouvait fixer un coefficient d'occupation des sols, c'est-à-dire un rapport entre la surface constructible et celle du terrain, et une surface minimale pour bâtir. La loi ALUR a supprimé les deux dès le 27 mars 2014. Ce qui limite une construction, ce sont désormais les autres règles du plan : implantation, hauteur, emprise au sol, c'est-à-dire la surface que la construction occupe sur le terrain. Un terrain jugé trop petit hier peut donc être constructible ou divisible aujourd'hui : lisez le règlement de votre zone en mairie. Nos articles sur les orientations d'aménagement du plan local d'urbanisme et la vente d'un terrain à un promoteur prolongent le sujet.

Concrètement, avec Terralyse

Terralyse est un logiciel en ligne pour les agents immobiliers et les mandataires. Il ne tient pas votre registre des mandats, ne délivre pas d'attestation de formation et ne remplace pas votre conseil juridique. Il vous fait gagner du temps sur cinq points croisés dans cet article.

Cinq outils en rapport avec ces règles

  • →Suivre l'actualité du droit. L'onglet Veille juridique de votre tableau de bord réunit nos articles sur les règles qui changent, datés, avec un filtre entre ce qui concerne vos clients et ce qui concerne votre métier.
  • →Publier un bien avec ses mentions principales. Dans Réseaux sociaux, onglet Mes biens, vous saisissez la fiche du mandat : prix, surface, étiquettes énergie et climat, honoraires et qui les paie, charges et dépôt de garantie d'une location. Le texte proposé reprend ces mentions, et un encadré liste celles qui manquent. Le nombre de lots et les charges annuelles d'un lot de copropriété, le prix hors honoraires et la mention « agent commercial » restent à ajouter par vous.
  • →Situer un loyer. Dans Potentiel locatif, vous saisissez l'adresse et la surface. L'outil indique si la commune est en zone tendue et donne une estimation du loyer, avec un loyer bas, un loyer médian et un loyer haut.
  • →Préparer la vente d'un lot. Dans Prospection terrain, sur la carte de vos communes, un clic sur un immeuble donne la fiche de sa copropriété : nombre de logements et de lots, syndic quand c'est un professionnel, date de fin de son mandat. Vous savez à qui demander les documents.
  • →Répondre à un propriétaire de terrain. L'analyse foncière complète d'une adresse (« Diagnostic foncier » dans votre menu) affiche la zone du plan local d'urbanisme et, quand elles sont disponibles, la hauteur maximale et l'emprise au sol.

Le prix et la mise en route

L'abonnement coûte 79,90 € HT par mois, sans engagement, ou 799 € HT par an, avec un engagement de douze mois et deux mois offerts. Vous commencez par un mois d'essai gratuit, sans carte bancaire. L'inscription se fait en ligne et vos outils sont utilisables le jour même, dès votre SIRET vérifié : voyez la page Terralyse pour les agents immobiliers et la page Tarifs.

Les textes officiels

Textes en vigueur consultés le 8 octobre 2026.

ℹ Information générale, pas un conseil juridique
Cet article présente les règles générales en vigueur à sa date de parution. Il ne remplace pas l'avis d'un professionnel sur votre situation. L'ADIL de votre département renseigne gratuitement sur un bail ou une copropriété, votre CCI sur la carte professionnelle. Un notaire ou un avocat peut aussi vous accompagner.

Questions fréquentes

La loi ALUR est-elle toujours en vigueur en 2026 ?
Oui, pour l'essentiel : le bail type, les honoraires de location plafonnés, les règles de copropriété, la formation des agents immobiliers et la fin du coefficient d'occupation des sols s'appliquent toujours. La garantie universelle des loyers, elle, a été abrogée en 2018.
Quels sont les honoraires de location maximum pour le locataire en 2026 ?
Par mètre carré de surface habitable : 12,10 € en zone très tendue, 10,09 € en zone tendue et 8,07 € ailleurs pour la visite, le dossier et le bail, plus 3,03 € pour l'état des lieux d'entrée. Le bailleur paie au moins autant.
Quel préavis pour le locataire qui quitte son logement ?
Trois mois en location vide, un mois en zone tendue et dans les situations prévues par la loi, par exemple une mutation, une perte d'emploi ou un état de santé qui impose de déménager. En location meublée, un mois partout.
Quels documents remettre pour vendre un appartement en copropriété ?
Au plus tard à la promesse : fiche synthétique, règlement de copropriété, procès-verbaux des assemblées générales des trois dernières années, informations financières, plan pluriannuel de travaux ou son projet. Sans les documents sur l'immeuble et les informations financières, le délai de rétractation de dix jours ne démarre pas.
Combien d'heures de formation la loi ALUR impose-t-elle aux agents immobiliers ?
Quatorze heures par an, ou quarante-deux heures sur trois années d'exercice consécutives. Sur ces trois ans, deux heures au moins portent sur la non-discrimination dans l'accès au logement et deux heures sur les autres règles de déontologie. Titulaires de la carte, directeurs d'agence et collaborateurs habilités sont concernés, agents commerciaux compris.
L'encadrement des loyers s'arrête-t-il en novembre 2026 ?
L'expérimentation de la loi ELAN prend fin en novembre 2026, le 23 novembre selon le Sénat. Le Sénat a voté le 21 octobre 2026 une prolongation de deux ans, sans nouvelles communes, à la place du texte qui la rendait permanente, adopté par l'Assemblée nationale le 11 décembre 2025. Le texte doit encore être voté, tel quel, par l'Assemblée nationale avant cette date : au 3 novembre 2026, rien n'est définitivement voté.

En conclusion

Trois gestes résument ce que la loi ALUR vous demande encore. Vendeur ou agent, réunissez les documents de la copropriété dès la prise du mandat, pour que le délai de dix jours démarre à la promesse. Bailleur ou gestionnaire, vérifiez les plafonds d'honoraires chaque 1er janvier. Dans une ville où les loyers sont encadrés, relisez la règle le jour de la signature du bail : le Sénat a voté le 21 octobre 2026 une prolongation de deux ans, que l'Assemblée nationale doit encore adopter avant la fin novembre.

📬

L'actualité immobilière par les vraies ventes

Tendances de prix, baromètres et analyses calculées sur les ventes notariales officielles, réunis chaque vendredi dans une lettre.

En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir la newsletter immobilière de Terralyse (une lettre par semaine, le vendredi, avec les articles de la semaine). Vous pouvez vous désinscrire à tout moment depuis chaque lettre.

🚀
Outil Terralyse correspondant

Voir les outils Terralyse pour les agents

Veille juridique, publications sur vos biens, potentiel locatif, fiche des copropriétés de vos communes et analyse foncière d'une adresse. 79,90 € HT par mois, sans engagement, ou 799 € HT par an avec un engagement de douze mois et deux mois offerts. Un mois d'essai gratuit, sans carte bancaire.

Accéder à l'outil →